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Trek dans la région de l'Everest : à la découverte des sommets du monde

Namaste les amis !


Cela fait un mois que nous sommes au Népal et nous avons déjà des images plein la tête. Le trek au milieu des plus hauts sommets du monde fût grandiose ! Il s'agit du trek des 3 cols : Kongma La (5535m), Cho La (5368m) et Renjo Pass (5360m) auxquels nous avons ajouté "quelques" extensions : 3 sommets et 3 camps de base.

Les nuits sont signalées par les points bleus. Nous avons fait la boucle par la droite depuis Namche.




En chiffres ça donne quoi ?

- 3 cols

- 3 sommets

- 3 camps de base

- 19 jours de marche : 280km, 17500m de D+

- De 2000m à 5643m

- 18 jours sans douche (nos meilleures amies : les lingettes)

- 76 barres, 2.750 kg de fruits secs









Afin de bien s'acclimater à l'altitude, nous avons choisi de nous rendre au point de départ du trek à pied, non en avion comme de nombreux trekkeurs qui n'ont pas forcément autant de temps que nous. Nous nous rendons donc à Phaplu (notre lieu de départ) en 15h de Jeep : quelle ambiance !! Musique népalaise à fond, crachats à répétition, et ça secoue bien, on est collés à 4 sur la banquette arrière; on s'amuse bien mais on vous avoue qu'on est contentes d'arriver…

C'est parti ! Nous sommes encore en pleine forme après 3 jours de marche jusqu'à Namche.

À quoi ressemble notre quotidien pendant ce trek ?

Tout d'abord nous vivions avec le soleil, ce qui veut dire réveil vers 5-6h et coucher à 19h. Après le réveil, petit dej' dans le lodge. On a tout testé, d'abord les classiques : porridge, chapati, pancake, mais aussi du salé : pâtes, purée et pizza ! Finalement, on aime surtout alterner.

En route ! On marche la matinée en s'accordant une pause snack et eau (sauf Adé notre chameau qui ne boit jamais). Puis pause déj vers 11-12h dans une guest house : on s'affale sur les coussins en attendant notre plat de féculents (riz, pâtes, patates) qu'on dévore en 10 minutes.

Mention spéciale au Dal Bhat (riz lentilles), seul plat servi à volonté.


Une fois bien revigorées, c'est reparti pour dégourdir les gambettes. Fin de la marche vers 15h, on s'installe dans un lodge dans l'après-midi. Commence alors le même petit rituel : Adé nous propose gentiment (ou plutôt nous supplie) de manger ses fruits secs qu'elle porte sans ne jamais les voir diminuer. Étirements, lecture : Mathilde nous fait part de ses découvertes sur l’expansion de l’univers, mais aussi écriture : surtout Lucie qui décrit la journée dans les moindre détails, massages, jeux de cartes et rencontres… Nous avons fait tout le trek avec Liv, une anglaise très sympathique croisée sur la route le troisième jour.


Lessives les jours de fête : à éviter lorsque le poêle ne marche pas, on a testé, à part envahir la salle commune, le linge sera toujours aussi dégoulinant le lendemain. En parlant de poêles, les népalais ne l'allument qu'à partir de 17h (même s'il fait -10°C rien n'y fait) avec des bouses de yaks séchées : c'est pratique il y en a à profusion !

A gauche : une pile de bouse de yaks séchées. A droite : l'eau chauffe sur un four solaire.


Puis dîner à 18h pétante : toujours des féculents en essayant de varier les plaisirs (enfin Lucie et Adé ont apprécié le régime alimentaire des pâtes) et au dodo !


Première étape : l'acclimatation

Nous marchons de Phaplu (2400m) à Namche Bazar (3440m) en 3 jours : les montées et descentes s'alternent, c'est parfait pour une bonne mise en jambe. En moyenne : 15 à 20km par jour et 1500m de D+ et D-. Quoi de mieux que débuter le trek tranquilles, sans trop de randonneurs ? Le soir, nous sommes souvent seules avec des népalais dans les lodges et partageons des moments privilégiés avec eux, tous autour du poêle. C'est l'occasion d'en découvrir plus sur le mode de vie des népalais, notamment des Sherpas, peuple originaire du Tibet vivant dans l'Himalaya. Au printemps, ces derniers partent en expédition en haute montagne. Ces expéditions ne sont pas sans risque mais il s'agit de leur période de l'année préférée, comparée à l'hiver où ils s'occupent de leur magasin ou de leur lodge.

Par ailleurs, dès les premiers jours nous avons été ébahies par la charge colossale sur le dos des porteurs. Dans une sorte de grand panier tenu par une lanière sur leur front, ils marchent courbés en deux, supportant jusqu'à 100kg... en tongs !! Ils sont parfois très jeunes... C'est leur façon de faire vivre leur famille.

Nos sacs sont bien ridicules à côté de sa charge !

Commence alors la montée en altitude. Pour bien s’acclimater, nous essayons de ne pas dépasser 500m d’altitude entre deux nuits. Ayant passées la nuit à Dingboche (4400m), nous nous dirigeons vers Chukhung (4730m) où nous laissons nos sacs dans un lodge. Petite journée me direz vous ? En effet, c’est pour cela qu’on décide de la prolonger... Encore pleines d'énergie, nous décidons de faire un "petit" sommet pour nous acclimater : le Chukhung Ri à 5546m. Il fait beau, parfait, à nous le sommet !

Vue sur l'Ama Dablam depuis le Chukhung Ri


Toutefois la montée s'avère plus compliquée que prévue. En effet, avec l'altitude le souffle se fait court. De bons maux de crâne surviennent, les 7 nains se mettent à piocher dans la tête, mais têtues comme des mules nous continuons à monter, le sommet semble si proche ! Et puis c'est l'envie de vomir, des visions floues, des ultrasons qui apparaissent... Il est temps de redescendre. Nous avons goûté aux joies du mal de l'altitude. Plus de 1000m de D+ dans la journée à ces altitudes n'était peut être pas la meilleure idée... Une bonne soupe à l'ail et nous sommes remises sur pieds !


Le saviez vous:

A 4000 m d'altitude, il n'y a plus que 60% d'oxygène dans l'air.

A 5000 m d'altitude, 53% d'oxygène et à 5500 m d'altitude, 50% !


En route vers le premier col !

Camp de base de l'Island Peak

Après ce premier sommet suivi du camp de base de l'Island Peak (5087m), nous sommes acclimatées : il est grand temps de s'attaquer au premier col, le Kongma La (5535m). C'est l'effervescence dans l'auberge : nous sommes une quinzaine à partir à l'aube… en plus il a neigé dans la nuit !





5h30 : départ, le ciel est dégagé nous sommes toutes excitées ! On se sent bien ridicules au milieu de tous ces hauts sommets.

Nous faisons la route avec nos amis israéliens et Liv'


Après une montée douce, la côte est raide. A cette altitude (plus de 5000m), nous devons nous arrêter tous les 20 pas pour reprendre notre souffle. Va t-on arriver au sommet ?

9h30 : Ouf ! Nous arrivons en haut du Kongma La au bout de 4h. La vue est splendide, que dis-je? Incroyable ! Ça valait le coup de pousser sur les gambettes ! Nous profitons du spectacle puis redescendons de l'autre côté du col où la longue traversée d'un glacier nous attend.

Kongma La : on n'en a pas bavé pour rien ! 😜

Sur les routes plus touristiques vers le camp de base de l'Everest

Arrivées à Lobuche (4910m), on a la "joie" de retrouver du monde... Naïves, nous nous faisons avoir et dormons dans un "placard" comme le désignent nos amis australiens. Un joueur de flûte (grand débutant) se fait une joie de nous bercer toute la nuit !


Prochaine étape : camp de base de l'Everest. On se dirige d'abord vers le Kala Patthar à 5643m : sommet qui offre une vue sublime sur la vallée de l'Everest. Il n'y a pas un nuage, peu de monde sur la route, le sourire aux lèvres... que demander de plus ? 1h30 plus tard nous sommes là haut :

La vue est à couper le souffle (c'est le cas de le dire !)


Malgré cette vue splendide, nous sommes forcées de redescendre rapidement car on se refroidit très vite là haut. Une fois en bas, nous avalons notre petit cheese sandwich en 5 minutes et nous mettons en route pour le camp de base de l'Everest qui est à 5365m. Nous sommes assez déçues : il n'y a pas d'expédition en cours donc aucune tente et pas de vue digne de ce nom. Seulement de nombreux trekkeurs… 14h, nous sommes épuisées ! Nous croisons nos amis israéliens qui nous disent qu'on se prépare pour les JO avec notre rythme effréné 🤣 Encore un effort pour retourner à Lobuche. En effet nous avons préféré éviter de dormir à Gorakshep (5164m), village très touristique.


Conclusion : on a porté nos gros sacs toute la journée alors qu'on aurait pu les laisser à Lobuche ! Mais bon au moins ils nous ont tenu chaud 😊 Encore des pâtes et au lit ! Cette fois on ne dort pas dans notre placard, d'autres se sont déjà fait avoir à notre place hehehe !


Deuxième col : Cho La (5368m) suivi de Gokyo


On laisse les touristes sur la grande route et on retrouve les petits chemins déserts. Départ au lever du soleil, pas un nuage mais il fait très froid le matin, nos eaux ont gelées ! Le chemin étant difficile à trouver, un porteur caché dans un pierrier s'improvise guide jusqu'au col. Avant d’arriver là haut, dernier passage sur un glacier enneigé et ...


Ça y est on a conquis le Cho La ! Nous savourons l'instant là haut avant d'entamer la descente


Pour arriver à Gokyo (4750m), la descente n'est pas aussi simple que prévue. Nous traversons un glacier sans fin où la glace fond à une vitesse affolante, alternant gauche, droite, montée, descente, et grimpons une dernière côte. La vue sur le lac bleu turquoise en arrivant en valait la peine ! Nous avons fait plusieurs escapades magnifiques depuis Gokyo : montée au Gokyo Ri à 5357m (c'est bien raide !) et marche jusqu'à 2 autres lacs, voire jusqu'au camp de base de Cho Oyu pour les plus téméraires. Nous nous sommes arrêtées un peu avant pour nous préserver pour le col du lendemain, la journée était déjà bien chargée ! Et puis quoi de mieux qu'une bonne pause lecture face aux montagnes ?

Vue depuis Gokyo Ri et pause lecture devant les montagnes


Direction le troisième et dernier col

C'est avec les jambes bien lourdes que nous grimpons le dernier col le lendemain : nous sommes épuisées !! Un ciel dégagé nous attendait, et une vue sur plusieurs sommets à plus de 8000m, sur des glaciers et des lacs : un pur régal et une vraie récompense après cet effort qui nous semblait interminable !

La descente vers Namche est ensuite assez rapide. La boucle est bouclée et pour fêter la fin de cette aventure, nous retrouvons tous les amis que nous avons rencontré durant ce trek autour d'une bonne bière ! On a descendu "l'Everest" très rapidement ! Ils nous reste la route pour retourner à Phaplu où nous reprendrons la Jeep. Nous sommes bien seules sur cette route, les trekkeurs ayant plutôt tendance à préférer prendre l'avion depuis Lukla, mais nous sommes ravies de revoir ces paysages sous le soleil ! Nous quittons les yaks pour retrouver nos amies les mules à plus basse altitude. Pendant ces trois jours assez denses, nous ressentons enfin nos muscles travailler ardemment, le souffle n'étant plus un problème à basse altitude. On sent que notre production d'hémoglobines a augmenté et que nous sommes en pleine forme ! 💪


Il est temps de changer de rythme, nous venons de commencer notre volontariat dans l'école pour la rentrée des élèves.


A très vite pour les prochaines nouvelles ! 👋


Les Tricyclettes

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